Votre voisin, cet espion qui veut vous coffrer...
Par Yasmar le jeudi, 8 octobre 2009, 16:03 - Articles de fond - Lien permanent
Les articles se multiplient sur la mesquinerie organisée opérant dans nos pays développés. De l'espionnage, de la dénonciation, la population est de plus en plus mise à contribution pour pallier les faillites de notre système par un gentil controle de son voisin. Comme aux bonnes heures du communisme, de Vichy ou d'autres régimes à ambiance délétère, en ce moment mieux vaut ne pas se fier à son prochain.
Sur la florilège d'articles sordides relatant un aspect de cette évolution sociétale, j'en ai sélectionné deux, assez révélateur dans Libération. Volontairement un concerne les dénonciations concernant les clandestins, tandis que l'autre se rapporte à la volonté d'une société de surveillance britannique d'utiliser les internautes comme "gardien", a l'instar de ce qui a pu etre mis en place contre l'immigration des mexicains de certaines villes des Etats Unis (watch the border). Il faut bien prendre conscience qu'aujourdhui ce sont les immigrés, mais que demain ce sera peut etre vous.
Un sans-papiers dénoncé par son banquier Société 08/10/2009 à 11h22 Liberation.fr ici
Ce Mauritanien venait retirer son salaire à la Société générale, l'agent a appelé la police. La Cimade, qui a recensé plusieurs affaires du même genre, demande l'annulation de sa reconduite à la frontière.
Un Mauritanien sans-papier, Yaro S., venu samedi retirer de l’argent de son compte à Boulogne (Hauts-de-Seine), a été dénoncé à la police par le guichetier et se trouve actuellement en rétention au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) où il risque l’expulsion, a indiqué jeudi la Cimade, confirmant une information du Parisien.
Yaro S., né en 1968 en Mauritanie, en France depuis 2002 et aide-cuisinier dans un restaurant, était allé samedi à l’agence de la Société générale de Boulogne pour retirer de l’argent de son compte. A la demande du guichetier, il a présenté comme pièce d’identité une carte de séjour, celle-là même, a précisé la Cimade, avec laquelle il avait ouvert son compte en 2005.
Lorsque le guichetier s’est aperçu qu’il s’agissait d’un faux, il a appelé la police et fait fermer les portes de la banque devant les tentatives de Yaro de sortir au plus vite de l’établissement.
Le ressortissant mauritanien, qui venait de déposer un dossier de régularisation par le travail, a été placé dès samedi au centre de rétention du Mesnil-Amelot. Selon la représentante de la Cimade dans ce centre de rétention administrative (CRA), Yaro est passé devant le juge des libertés et de la détention (JLD) le 5 octobre mais son avocat «n’ayant pas fait valoir l’irrégularité des conditions de son interpellation», il n’a pas pu faire appel. Plusieurs cas similaires cet été
Maintenu pour quinze jours en rétention, Yaro a été pésenté ce jeudi matin au consulat de Mauritanie pour y obtenir un laissez-passer en vue de son expulsion.
La Cimade a demandé l’annulation de la reconduite à la frontière auprès du Tribunal administratif de Melun, le seul habilité à trancher sur le fond. Yaro devrait être présenté lundi prochain devant cette cour.
Interrogée, la direction de la Société Générale a rappelé que «tout chargé d’accueil est tenu de s’assurer que le demandeur est bien le titulaire du compte, avant de procéder à une opération de retrait», mais n’a pas fait de commentaire sur le fait que le compte de Yaro était ouvert depuis 2005.
La cas de Yaro S. n'est pas isolé. Fin août, un autre Mauritanien, vivant à Orléans, convoqué dans une agence Pôle emploi, a été accueilli par la police. Au moins trois autres histoires analogues se sont produites cet été, selon la Cimade: dans une boutique bouygues à Evry, pour une ouverture de compte dans une agence CIC à Montrouge, et pour un retrait de carte bleue dans une agence LCL-crédit lyonnais d'Aulnay-sous-Bois. Dans cette dernière affaire, le sans-papier, placé lui aussi en rétention au Mesnil-Amelot, avait été libéré par le JLD qui avait reconnu «le côté déloyal de l’interpellation», a rappelé la Cimade.
Souriez, les internautes vous observent
par Mael Inizan
« Gagnez de l’argent. Participez à la réduction du nombre de crimes. Devenez peut-être un héros et sauvez des vies », promet Internet Eyes, littéralement les Yeux d’Internet. La jeune entreprise britannique invite les internautes à former la plus grande entreprise de vidéosurveillance du monde. Une paire d’yeux derrière chaque caméra, ou presque.
Dès novembre, lorsque le service sera lancé, chaque membre inscrit se verra confier la charge de quatre caméras. Proclamé « viewer », ou veilleur, il aura accès aux images de surveillance en temps réel depuis son propre ordinateur. La délation devient un jeu. Tentative de vol, vandalisme ou simple comportement antisocial : chaque agissement suspect signalé par SMS permet de marquer des points. Tous les mois, l’internaute qui a le meilleur score remportera la jolie somme de 1000£.
Avec 4,2 millions de caméras sur son territoire, la Grande-Bretagne compte l’un des maillages de vidéo-surveillance les plus serré au monde. Pourtant, « la criminalité est en hausse et les taux de condamnations sont en baisse », déplore Internet Eyes sur son site. L’entreprise explique ces mauvaises statistiques par le simple fait que pour 90% des caméras, personne n’est devant l’écran au moment où l’infraction est commise.
Avec Internet Eyes, « votre système de surveillance est monitoré en temps réel, avant qu’il ne soit trop tard ». Pour 20£ par mois et par caméra, les images de surveillance des commerces et entreprise, ou pourquoi pas de la police elle-même, seront confiées aux « viewers » de la « communauté ». Car, si Internet Eyes s’en remet à la participation des internautes, le service vise surtout les entreprises. « Réduisez les vols à l’étalage et économisez de l’argent », fait miroiter le site, en proposant des alertes instantanées par SMS, MMS ou mail accompagnées d’une capture d’écran vidéo. Le comportement délictueux est repéré par les internautes et le responsable de l’entreprise en question n’a plus qu’à intervenir auprès de la personne identifiée.
Alors même que ce programme de « vidéo-surveillance communautaire », n’entrera qu’en phase d’expérimentation le mois prochain, Internet Eyes suscite déjà la polémique en Grande-Bretagne. Directeur de No-CCTV, une association engagée contre la prolifération des caméras de surveillance, Frarrier Harles imagine déjà les dérives d’un tel système. « Que faire si un groupe de racistes, décide d’envoyer des alertes à chaque fois qu’une personne noire est visible sur l’écran et comment empêcher les criminels d’utiliser les caméras pour repérer où commettre leurs attaques », s’inquiète-t-il dans le Dailymail.
Des critiques balayées d’un revers de main par James Woodward, responsable de l’équipe technique d’Internet Eyes. Pour lui le blocage des profils des Internautes responsables d’abus permettra de limiter les dérives. Il ne croit pas non plus au risque d’utilisation du système à des fins criminelles : « dans un soucis de protection de la vie privé des utilisateurs, ils (les internautes) ne connaitront pas la localisation des caméras et il leur sera très difficile d’en déterminer la position ».
Pour les supporters du projet, le « jeu » est déjà lancé. Les 10 000 premiers inscrits recevront un point bonus dès leur arrivée. Un évènement Facebook a même été crée pour le lancement du système, le 2 novembre prochain. Le site promet déjà une « galerie des voyous », avec la liste de leurs infractions présumées et le pamarès des internautes qui les ont arrêté. Une dérive de la société de surveillance qu’il faut « étouffer dans l’œuf immédiatement », proteste Frarrier Harles : « On ne va pas seulement encourager une dangereuse mentalité d’espion. Jouer avec le crime, pourrait conduire à de dangereuses violations des droits civiques ».
Commentaires
Wouah! Tres Tres bon article que tu nous a ecris la. A quand la suite ?
Très intéressant comme article.
J'ai fais un petit tour et j'aime beaucoup votre blog, continuez ainsi ;)